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Aider les élèves en école primaire à acquérir les bases en mathématiques et lecture, en Inde

Localisation: Uttarakhand et Bihar, Inde
Sample: 122 écoles en Uttarakhand et 264 écoles au Bihar
Timeline:
2008 to 2010
Target Group: 
Primary schools
Students
Teachers
Outcome of Interest: 
Student learning
Intervention Type: 
Monitoring
Training
Partenaires:
Question de politique 

Même s’il y a eu des progrès constants au niveau des inscriptions à l'école, y compris chez les filles et parmi les enfants des groupes les plus pauvres, le problème des absences chroniques et de la qualité de l’enseignement reste omniprésent dans les pays en voie de développement. Des études précédentes ont montré que des bénévoles formés pour donner des cours de rattrapage et des professeurs soutenus par des ONG de tutorat étaient un moyen efficace pour améliorer le niveau d’apprentissage. Mais le potentiel de généralisation de ces résultats aurait été élargi si la même approche pouvait être utilisée dans les écoles publiques, avec les enseignants existants. Cependant, il n’est pas sûr que cette approche fonctionne si le professeur n’est pas motivé, manque d’incitations et ne sent pas responsable.
Cadre de l'évaluation 

Les dysfonctionnements du système éducatif indien sont plus vivement ressentis par les pauvres, notamment dans les régions rurales où une grande majorité des enfants fréquente les écoles publiques. Pratham, une ONG, fait paraître, depuis 2005, un rapport annuel sur l’enseignement (Annual Status of Education Report (ASER), qui présente les résultats d'un petit contrôle passé par un échantillon important et représentatif des enfants ruraux d'Inde. Le rapport a montré de graves lacunes en lecture et en mathématiques. Par exemple, selon l’ASER 2008, 45% des enfants de CE2 au CM2 ne savaient pas faire une soustraction et que 33% d'entre eux ne savaient pas lire un texte standard.

Il y a eu différentes réponses à ces problèmes. En 2001, le gouvernement central a lancé une initiative majeure, le Sarva Shiksha Abhiyan (SSA), pour fournir des ressources supplémentaires et un soutien au système éducatif au niveau national afin de tenter d’atteindre l’enseignement primaire universel en 2010.

Pour compléter cet objectif, Pratham a développé de nouveaux matériels pédagogiques de lecture et des méthodes d’enseignement conçus pour être plus accessibles et efficaces dans les conditions actuelles du système éducatif indien. Ce programme, au cœur de ce vaste effort national, Read India, dont les objectifs sont d’enseigner aux enfants la lecture élémentaire et les bases mathématiques, devraient améliorer le niveau d’apprentissage.

Photo: Francisca de Iruarrizaga | J-PAL

Détails de l'intervention 

Pratham, en association avec les chercheurs, a évalué le programme Read India pendant plusieurs années au Bihar et en Uttarkhand, où ils ont créé des partenariats avec les gouvernements locaux.
Cette évaluation étudie trois éléments majeurs :
  1. La formation et le soutien académique donnés aux enseignants des écoles publiques par Pratham,
  2. Le matériel pédagogique conçu par Pratham et utilisé dans les écoles et les villages,
  3. Le soutien supplémentaire donné par des bénévoles du village pour aider les enfants qui en ont besoin.
La formation et le suivi sont effectués en collaboration avec l’Etat, et les documents pédagogiques ont été créés en utilisant les contributions des enseignants et de personnes de terrain.

Les interventions sont différentes selon les états :
  • Au Bihar : il y a trois groupes test et un groupe témoin. Un premier groupe test d'écoles aléatoirement sélectionnées, a reçu la formation pour les enseignants, le suivi, l'aide et le matériel pédagogique. Dans le secteur de ces écoles, Pratham a également recruté des bénévoles pour dispenser des cours supplémentaires aux enfants qui en avaient besoin. Dans le second sous-groupe d’écoles aléatoirement sélectionnées, les enseignants ont reçu la formation, bénéficié du suivi, de l'aide et du matériel pédagogique, mais il n’y a pas de bénévoles. Les écoles du troisième sous groupe ne reçoivent que le matériel pédagogique. Ces 3 groupes ont été comparés à un groupe témoin n'ayant pas participé à ce programme.
  • En Uttarkhand : l’intervention diffère de celle du Bihar en ce que les villages ont reçu à la fois le matériel et la formation, aucun n’ayant reçu uniquement du matériel. Comme pour le Bihar, la moitié des écoles ont en plus bénéficié des bénévoles. La nature des activités de ces bénévoles est différente dans les deux états: au Bihar, ceux-ci travaillent en dehors des heures de classe, tandis qu’en Uttarkhand, ils travaillent pendant les heures de cours.
Les interventions ont été menées conjointement par Pratham et le gouvernement sur deux années scolaires (2008- 2009 et 2009-2010). Trois enquêtes d’une grande envergure ont eu lieu: une avant le programme, une après une année scolaire et une enquête finale après deux années scolaires. De plus, une enquête spéciale sur environ la moitié des enfants a été entreprise au Bihar pour évaluer un camp d’été mis en place au début de la première année scolaire. Le camp ciblait les filles et les enfants les moins performants de CE2 au CM2 et avait pour objectif d’aider les enfants qui avaient pris du retard à le rattraper avant la nouvelle année scolaire. Ces enquêtes ont été complétées par un suivi continu de la mise en œuvre des interventions dans les écoles. Le niveau d’apprentissage a été mesuré en utilisant des outils comme celui d’ASER et d’autres instruments spécialement créés pour le projet.

Résultats et conclusions politiques 

L’évaluation de Read India est en cours, il n’est donc pas encore possible de mesurer les effets de ces interventions. Les analyses préliminaires concernant les camps d’été qui ont eu lieu au Bihar suggèrent qu’il y a eu un impact modeste sur les niveaux globaux de lecture dans les villages, mais un impact beaucoup plus important sur le sous-groupe d’enfants qui ont réellement participé aux campx. Ceci indique que si le ciblage des élèves les moins performants avait été plus efficace, l’impact mesuré des camps d’été sur tous les enfants aurait probablement être plus grand. Mais étant donné que les camps d’été ont été organisés très rapidement et dans l’un des états les plus pauvres de l’Inde, l’impact positif des camps est considéré comme remarquable.

Banerjee,Abhijit, Rukmini Banerji, James Berry, Esther Duflo, Harini Kannan, Shobhini Mukerji, Marc Shotland, and Michael Walton. "Mainstreaming an Effective Intervention: Evidence from Randomized Evaluations of “Teaching at the Right Level” in India." Working Paper August 2016.