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Démocratie directe et équipements publics locaux en Indonésie

Localisation: East Java, North Sumatra, and Southeast Sulawesi provinces, Indonesia
Sample: 48 villages
Timeline:
2005 to 2006
Target Group: 
Rural population
Outcome of Interest: 
Citizen satisfaction
Intervention Type: 
Community participation
AEA RCT Registration Number: 
Données: 
Partenaires:
Question de politique 

Dans la majeure partie des pays en développement, les équipements publics de base, tels que des routes fiables ou des infrastructures d’alimentation en eau potable, sont bien souvent absents. La fourniture de ces équipements est souvent décidée au niveau central, mais beaucoup recommandent aujourd’hui que ce processus soit décentralisé et que la communauté locale ait la possibilité de s’y impliquer pour gagner en efficacité. L’argument avancé est que les communautés locales disposent sans doute de meilleures informations sur les équipements et services nécessaires, et sont à n’en pas douter dans une meilleure position pour reconnaître les situations d’inefficacités ou de corruption au niveau de la mise en œuvre – et y remédier rapidement. Cette plus grande participation des communautés locales aux prises de décisions gouvernementales a été facilitée par toute une série de réformes politiques, mais les implications de ces mécanismes politiques restent méconnues.

Cadre de l'évaluation 

Près de 20 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté.1 L’amélioration des infrastructures dans les zones marginalisées constitue une priorité pour le gouvernement Indonésien. Un programme national, financé par un prêt de la Banque Mondiale et intitulé le « Kecamatan Development Program » (KDP) subventionne chaque année des projets dans environ 15.000 villages. Chaque village reçoit en moyenne 8.800 dollars qui sont souvent utilisés pour goudronner des pistes existantes. Les groupes de communes –rassemblement de 10 à 20 villages – perçoivent une dotation forfaitaire pour une période de 3 ans. Chaque village propose deux projets de construction de petites infrastructures : l’un des projets est proposé par le village tout entier et l’autre par des groupes de femmes.

Traditionnellement, les représentants de plusieurs zones se réunissent et discutent des deux propositions de projet avancées par le village avant de prendre une décision. S’il est incontestable que le programme a permis d’améliorer de manière efficace les infrastructures dans nombre de ces villages, il est difficile de savoir si la procédure de sélection en vigueur favorise les projets proposés par les élites et laisse à l’écart les projets proposés par les membres de la communauté qui ont le plus besoin d’une amélioration des services.

Nearly 80 percent of villagers voted, which means that about 20 times as many villagers participated in the elections as attended village assembly meetings in comparison villages. Photo: Elena Mirage | Shutterstock.com

Détails de l'intervention 

Afin d’étudier cette question, les chercheurs ont mené une évaluation aléatoire dans 48 villages qui tous se préparaient à présenter des dossiers pour des projets d’infrastructures. Deux processus participatifs étaient proposés ; chaque village en respectait un et aboutissait à deux propositions : l’une de la part du village dans son ensemble et l’autre de la part des femmes uniquement. A chaque village, l’un ou l’autre des deux processus politiques différents était affecté de manière aléatoire.

Dans 31 villages, on a suivi le processus traditionnel décrit ci-avant, basé sur la réunion des représentants des villages. Dans un sous-ensemble de 17 villages sélectionnés de manière aléatoire, la réunion des représentants a été remplacée par deux élections directes. Les villageois avaient la possibilité de voter directement parmi une liste de projets potentiels. Pour l’un des scrutins, tous les adultes votaient, et pour le projet spécifiquement proposé par les femmes, seules celles-ci pouvaient voter. Les données portant sur les projets préférés par tous les villageois – y compris les élites villageoises – ont été rassemblées, en même temps que les données portant sur le type et la localisation des projets sélectionnés.

Résultats 

Impact sur le type de projets sélectionnés : Le processus de scrutin direct n’a eu qu’un faible impact sur les décisions finales; en revanche, ce processus a eu un effet non négligeable sur d’autres indicateurs de la satisfaction des citoyens par rapport au processus politique. Les élections n’ont pas modifié la probabilité de voir le projet être mis en place dans une zone pauvre, alors que ce mode de scrutin pour le choix des projets proposés par les femmes s’est traduit par la mise en œuvre des projets dans les quartiers les plus pauvres des villages. 

Impact sur la mesure de la satisfaction 
: Le système d’élections directes s’est traduit par le fait que les villageois étaient 5 % plus susceptibles de percevoir que le projet était légitime et avait été sélectionné de manière équitable, et le niveau de satisfaction générale par rapport au programme a été augmenté de 10 %. Les élections ont également eu pour effet d’augmenter de 18 % la probabilité de voir des personnes déclarer qu’elles participeraient au projet d’une manière ou d’une autre. Par ailleurs, dans les villages de l’étude, les villageois étaient 22 % plus susceptibles d’identifier correctement le type et l’emplacement du projet du village, et 29 % plus susceptibles de connaître ces informations pour ce qui concerne le projet proposé par les femmes.

[1] CIA World Factbook, “Indonesia,” https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/id.html (consulté le 31 août 2009).

Conclusions politiques 
Direct participation can substantially improve satisfaction with the political process, even if the final outcomes do not change much.

More people expressed positive views of the projects and the selection process in villages that had elections. More people stated that they were willing to contribute voluntarily to the projects, and more people could correctly identify details of the projects, in those villages. These differences were all statistically significant despite the similarity of the mix of projects chosen in election and comparison villages, and there was no evidence that they were driven by transfers from elites wanting to influence the vote.

Voting is only part of participation in the policy process.

The elections treatment affected only one stage in a three-stage process. The proposal generating stage and the final funding stage may still have been elite controlled, even though the village selection stage was subject to a vote. Fully enfranchising women and the poor may require increasing their participation at other stages in the policy process as well.

Women’s Participation, Women’s Preferences
When asked about their preferred project type, women more frequently identified drinking water projects (23 percent of women, 3 percent of men), and men preferred roads and bridges (38 percent of women, 64 percent of men). These ratios closely match the actual project selections for women’s and general projects, suggesting that the women’s projects reflect the preferences of women in the village, and the general projects those of the men. The elections led women—but not men—to more favorably view the women’s projects. This suggests that the increase in satisfaction was tied to increases in participation, since only the women were involved in choosing those projects. An evaluation of India’s quota policy for female village leaders found similar results: men and women have different preferences for local public goods, and having female leaders led to more projects that matched women’s preferences. For example, villages councils randomly selected to be led by a woman were significantly more likely to invest in drinking water facilities, which was the issue most frequently expressed as a priority by women (Chattopadhyay and Duflo 2004).

 

Olken, Benjamin A. 2010. "Direct Democracy and Local Public Goods: Evidence from a Field Experiment in Indonesia." American Political Science Review 104(2): 243-67.