PDF version

Prévention du SIDA/VIH par l’intermédiaire des écoles primaires, au Kenya

Localisation: Western Kenya
Sample: 328 Ecoles primaires dans la province de l’ouest du Kenya
Timeline:
2003 to 2010
Target Group: 
Students
Teachers
Outcome of Interest: 
HIV/AIDS
Sexual and reproductive health
Intervention Type: 
Preventive health
Training
Subsidies
AEA RCT Registration Number: 
Partenaires:
Question de politique 

La vaste majorité des cas de VIH/SIDA déclarés sont diagnostiqués en Afrique sub-saharienne où, chaque année, près de 2 millions de personnes sont infectées par le virus. Un quart de ces nouveaux malades sont des jeunes de moins de 25 ans, et dans pratiquement tous les cas, l’infection est due à des rapports sexuels non protégés. Le sida reste une maladie incurable et les scientifiques n’ont pour l’instant pas réussi à mettre au point un vaccin efficace ; ainsi, les décideurs politiques doivent-ils concentrer leurs efforts sur les mesures de prévention. L’adoption de pratiques sexuelles plus sûres reste critique pour prévenir la transmission de cette maladie.

Cadre de l'évaluation 

Le Kenya se classe en dixième position parmi les pays ayant le plus grand nombre d’habitants séropositifs – et près de 7 % des enfants kényans sont infectés.1 Dans la lutte contre le sida, on considère que les enfants représentent une « lueur d’espoir » dans la mesure où leurs comportements sexuels ne sont pas encore fermement établis.
A la fin des années 90, pour aider à prévenir les infections à VIH chez les nouvelles générations, l’UNICEF et l’Institut d’Éducation du Kenya ont conjointement développé un programme éducatif sur le sida, programme comprenant un manuel pour les enseignants et des manuels à l’intention des élèves. Cependant, en 2003, ce programme n’était toujours pas totalement mis en œuvre, sans doute parce que les enseignants manquaient d’expérience et n’étaient pas à l’aise pour parler de ce sujet sensible.

Girls in school uniforms sit in class

Girls listen to curriculum on HIV/AIDs in class in Kenya. Photo: Aude Guerrucci | J-PAL

Détails de l'intervention 

Les enseignants de 164 écoles sélectionnées de manière aléatoire, ont reçu une formation sur le VIH/SIDA et sur la manière d’enseigner un programme de prévention et d’information sur le VIH. Le programme aborde tous les aspects de la maladie et encourage l’abstinence jusqu’au mariage et la fidélité conjugale après le mariage. Le programme enseigne également des comportements qui peuvent sauver la vie, comme par exemple comment dire "Non" à des rapports sexuels non désirés ou non protégés.

Pour évaluer l’impact de la formation des enseignants, les chercheurs ont collecté des données sur ce que les élèves et les enseignants connaissaient du programme et sur leurs attitudes sexuelles ; ils ont également collecté des informations auprès des élèves afin de comprendre quels étaient les comportements ou attitudes les plus courants. Enfin, les chercheurs ont rassemblé des données sur le nombre de grossesses et les taux de mariage chez les élèves ayant quitté l’école. Le nombre de grossesses est un bon moyen pour mesurer – de manière indirecte – l’importance des rapports non protégés qui restent le principal mode de transmission du virus au Kenya.

Une étude de fin de projet est en cours: les chercheurs rassemblent des données à long terme portant sur la fertilité ainsi que sur les marqueurs biologiques des infections sexuellement transmissibles (HSV2 et HIV).

Résultats et conclusions politiques 

Le fait de former les enseignants des écoles primaires à la mise en œuvre de ce programme d’éducation a eu comme conséquence que les enseignant abordent beaucoup plus souvent le sujet du sida dans leur classe. Ainsi, deux ans après la formation, les élèves dont les enseignants avaient été formés, ont de meilleures connaissances sur la maladie et se déclarent plus tolérants vis-à-vis des personnes malades du sida. Cependant, l’intervention n’a pas eu pour effet de réduire le nombre de grossesses chez les jeunes filles, ce qui laisse à penser que ces dernières ne semblent pas avoir moins de rapports sexuels non protégés.
L’intervention a comme effet que les jeunes filles enceintes étaient plus susceptibles d’être mariées mais il est trop tôt pour dire si cela réduit ou augmente leur risque d’infection par le virus HIV. L’enquête de suivi à long-terme qui est actuellement en cours permettra de nous éclairer sur ce point. Les résultats seront disponibles à compter d’octobre 2010.

1 CIA World Factbook, “Kenya” https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ke.html (dernier accès le 25 août, 2009).

Duflo, Esther, Pascaline Dupas, and Michael Kremer. 2015. "Education, HIV and Early Fertility: Experimental Evidence from Kenya." American Economic Review 105(9):2757-2797. 

1 UNAIDS. 2003. “AIDS Epidemic Update.” http://data.unaids.org/pub/report/2003/2003_epiupdate_en.pdf

2 CIA World Factbook, 2017. “Kenya” https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ke.html (Accessed March 6, 2017).