Éducation 

 

L'éducation reste un des moyens les plus prometteurs pour de nombreux enfants d'atteindre une vie plus satisfaisante et plus productive. De nombreux pays en voie de développement ont amélioré l'accès à l'école, mais la qualité de l'enseignement reste trop faible. Ainsi, même si beaucoup plus d'enfant sont maintenant scolarisés, la plupart d'entre eux n'apprennent que très peu de choses pendant qu'ils sont à l'école. Pour tenir la promesse de l'éducation universelle, prise au sens large, faites aux enfants, à leurs familles et à leurs communautés, les pays en développement doivent améliorer la qualité de l'enseignement dispensé.

Le Programme Éducation encourage la recherche permettant de donner aux responsables politiques et aux praticiens le savoir utile pour réaliser et mettre en place des politiques et des programmes scolaires plus efficaces. Cette recherche s'appuie sur:

  • des enquêtes permettant de fournir des informations descriptives sur le statut de l'éducation, ainsi que sur les épreuves et les débouchés auxquels font face les enfants, les parents et les communautés ainsi que les professeurs, les écoles et les gouvernements,
  • des évaluations aléatoires d'impact, permettant de fournir des preuves scientifiques rigoureuses sur les politiques et programmes qui fonctionnent,
  • des analyses sur le rapport coût-efficacité afin de fournir des informations sur la rentabilité relative des solutions envisagées.

Les questions étudiées peuvent être réparties en 7 domaines : 

Pédagogie.
Les financements supplémentaires qui ne sont pas accompagnées de changements dans le comportement des enseignants ont souvent peu ou pas d'effet sur l'apprentissage.

Mais il reste beaucoup de questions sur les manières d'améliorer l'enseignement. Par exemple, quelles sont les meilleures méthodes d'enseignement pour les enfants des classes comportant un grand nombre d'élèves et qui sont très hétérogènes, situation courante dans la plupart des pays en développement ? Doit-on insister sur les compétences d'enseignement plutôt que sur des contenus spécifiques d'enseignement ? Étant donné le niveau très hétérogène des classes, la structure par niveau devrait-elle être plus souple pour que les enfants puissent se répartir selon les sujets dans des groupes d'âges différents, (par ex. en prenant les math dans un groupe et la lecture dans un autre) ?

Technologie. Si la plupart des tentatives d'utilisation des technologies de l'information pour promouvoir un enseignement plus efficace dans les pays les plus riches n'ont pas été une grande réussite, on note une image beaucoup plus positive pour les quelques études disponibles dans les pays en développement.

Pourquoi cette différence? Est-ce à cause de la mauvaise qualité de l'enseignement actuel ? Est-ce parce que cela permet aux enfants d'apprendre à leur propre rythme ? Est-il suffisant de donner aux enfants des  cours d'informatique et de leur permettre d'utiliser des ordinateurs comme bon leur semble, ou doit-on établir un programme d'apprentissage structuré ? Et qu'en est-il des cours en vidéo, en particulier pour les niveaux supérieurs ? Comment la technologie peut-elle être associée à l'enseignement scolaire ?

Formation des enseignants. Quel est le meilleur moyen de former des professeurs qui ne sont eux-mêmes que très peu instruits ? Que peut-on faire pour fournir aux professeurs les compétences dont ils ont besoin pour atteindre les enfants qui ont des niveaux différents dans une classe surchargée ? Comment la formation doit-elle être structurée : doit-on demander aux professeurs de suivre un plan très spécifique ou faut-il leur donner la possibilité de choisir eux-mêmes ? 

Incitations pour les professeurs et gestion des écoles. Les résultats de différentes études montrent que les incitations pour les professeurs fonctionnent pour améliorer les notes des examens, quand elles sont mises en œuvre efficacement. Mais les résultats des programmes qui décentralisent les incitations ou qui donnent aux communautés le pouvoir de contrôler les écoles locales ont été beaucoup plus mitigés. Plusieurs questions subsistent : est-il mieux de donner aux professeurs des incitations basées sur l'assiduité des élèves ou sur leurs résultats ? La réponse est-elle différente si l'on considère les notes de fin d'année ou l'apprentissage à long terme ? Pourquoi trouvons-nous plusieurs Conseils de parents d'élèves réticents à exercer un contrôle sur les écoles alors même qu'ils sont légalement habilités à le faire ? Est-ce parce qu'ils pensent qu'ils ne peuvent pas modifier les résultats de leurs enfants ? Est-ce qu'une meilleure information sur la performance des écoles induit une meilleure participation des parents ? Si le choix de l'école est libre, quel impact cela a t il sur les choix parentaux, le travail des professeurs ou les résultats des enfants ?

Incitations pour les enfants. Que peut-on faire pour inciter les enfants et les parents des familles défavorisées à la scolarisation ? Les résultats indiquent que fournir aux enfants quelques incitations selon leurs résultats scolaires les conduit à plus et mieux travailler.
Les résultats montrent également qu'une part importante des enfants et des parents sous-estiment vraiment les bénéfices économiques de la scolarisation des enfants issus de milieux identiques aux leurs, et réagissent positivement à des informations exactes sur les retours liés à la scolarisation. Quel est le meilleur moyen de réaliser les incitations ? Devrait-il y avoir des incitations à court-terme basées sur la résolution de problèmes spécifiques ou d'atteint d'un certain but de lecture, ou des incitations à long-terme basées sur les résultats des examens annuels ou de fin de cycle pour les écoles primaires et secondaires ? Doit-on attacher de l'importance aux niveaux de performance ou à l'amélioration de la performance ? Est-il important d'amener les enfants à établir leurs propres buts ? Doit-on impliquer les parents dans ce processus ? Comment peut-on donner aux enfants une évaluation de leurs performances sans les décourager ? Quel est l'effet si on leur donne des informations sur des trajectoires de carrières spécifiques et sur ce qu'ils doivent faire pour y arriver ?

Maternelle et développement de la petite enfance. L'éducation institutionnalisée de la petite enfance, en particulier la maternelle (tout comme les initiatives fournissant un soutien supplémentaire aux enfants déjà à l'école primaire), pourrait donner aux enfants défavorisés de l'avance dans le processus d'apprentissage, en particulier pour les élèves de première génération dont les parents ne sont jamais allés à l'école ou sont illettrés. Ces programmes pourraient aussi permettre la délivrance d'une alimentation correcte aux enfants  ayant un âge où celle-ci est supposée contribuer au développement du cerveau et au potentiel d'apprentissage futur.

Maternelle et développement de la petite enfance.
L'éducation institutionnalisée de la petite enfance, en particulier la maternelle (tout comme les initiatives fournissant un soutien supplémentaire aux enfants déjà à l'école primaire), pourrait donner aux enfants défavorisés de l'avance dans le processus d'apprentissage, en particulier pour les élèves de première génération dont les parents ne sont jamais allés à l'école ou sont illettrés. Ces programmes pourraient aussi permettre la délivrance d'une alimentation correcte aux enfants  ayant un âge où celle-ci est supposée contribuer au développement du cerveau et au potentiel d'apprentissage futur.

Formation après le primaire. Nous avons plus de résultats sur l'école primaire que sur les formations postérieures. Comme beaucoup plus d'enfants finissent l'école primaire, le besoin de leur fournir ensuite une formation de qualité est important. Beaucoup des questions soulevées plus haut – pédagogie, technologie, formation et incitations – sont également importantes, il reste toutefois un nombre de questions spécifiques à la formation des plus âgés à propos desquelles on ne sait que peu de choses. Par exemple, quel est le meilleur âge pour envoyer les enfants dans différents groupes de niveau (scolaire ou professionnel, science ou Lettres) ? Comment doit-on composer les groupes de niveaux ? Quel est le meilleur moyen de faire la sélection ? Quel est l'impact des subventions données aux écoles par le gouvernement par rapport à celui des bourses spécifiques ? Quel est l'impact de la formation professionnelle, d'un apprentissage de l'anglais parlé, d'une formation comportementale ou de l'orientation professionnelle ? Et quelle forme devrait prendre la formation : la formation professionnelle devrait-elle se faire essentiellement à l'école ou sur des sites d'apprentissage ?

Le programme Éducation de J-PAL est co-présidé par Abhijit Banerjee et Paul Glewwe et les responsables du programme sont Kudzai Takavarasha et Shawn Powers, assistés de Conner Brannen. Pour plus de renseignements, contactez Shawn Powers à smpowers@mit.edu.