Parrainage des jeunes pour leur projet professionnel (Actenses), France

Researchers:
Vera Chiodi
Fieldwork by:
Location:
France
Sample:
2500 élèves dans 22 établissements d’enseignement secondaire
Chronologie:
2008 - 2012
Target group:
  • Students
  • Youth
Outcome of interest:
  • Enrollment and attendance
  • Student learning
  • Aspirations
Intervention type:
  • Coaching and mentoring
AEA RCT registration number:
AEARCTR-0001917
Partners:

Policy issue

Dans les pays développés comme dans les pays en développement, les jeunes adolescents doivent faire des choix importants : poursuivre des études supérieures, suivre une formation professionnelle ou entrer sur le marché du travail. En France, comme dans de nombreux autres pays, le niveau d'éducation est fortement corrélé au milieu socio-économique. Une étude a montré que les enfants d'ouvriers avaient moins de chances de s'inscrire dans la filière plus prestigieuse de trois ans après le collège que les enfants d'employés ayant des résultats scolaires similaires.1 Les élèves issus de milieux socialement défavorisés peuvent être confrontés à des difficultés financières, manquer d'informations sur leurs perspectives et leurs options, ou avoir des aspirations éducatives moins ambitieuses. On pense que les réseaux des connaissance et les relations peuvent être des atouts majeurs pour donner aux élèves les informations et la motivation dont ils ont besoin pour prendre ces décisions, mais ces hypothèses n'ont pas encore été vérifiées.

Context of the evaluation

Dans les lycées français, des conseillers d’orientation aident les élèves à choisir entre différentes filières d’enseignement. Toutefois, ces conseillers sont souvent peu au fait des fluctuations du marché de l’emploi. Les élèves qui ne sont pas entourés d’un réseau social solide leur fournissant les renseignements qui leur manquent, se trouvent pris au dépourvu face à un marché de l’emploi qu'ils connaissent mal. 


Le ministère français de l'éducation nationale accorde des subventions aux établissements scolaires situés dans des zones défavorisées. Ces subventions sont souvent utilisées pour proposer des programmes de tutorat destinés à développer les connaissances des élèves sur le marché du travail et l'emploi. Le programme "Aide au tutorat et à l'orientation" est l'un de ces programmes, proposé par une organisation bénévole à but non lucratif appelée Actenses. Créé en 2006, ce programme vise à fournir des conseils par le biais de contacts avec des professionnels bénévoles dans divers domaines. Les étudiants sont affectés à un mentor en fonction de leurs intérêts. Ces bénévoles accompagnent les élèves pendant les trois années de l'école secondaire. Le parrain aide le filleul à déterminer son parcours professionnel en partageant des informations sur le domaine professionnel qui l'intéresse, les possibilités d'emploi et les conditions nécessaires à la réussite professionnelle. L'échange entre le mentor et le mentoré se veut complémentaire de l'information sur les carrières déjà donnée par le conseiller d'orientation de l'école.

 

High school students in career mentoring program in France
High school students in career mentoring program in France

Details of the intervention

Les chercheurs ont évalué J-PAL analysent en ce moment l’impact du programme « Aide et Orientation par le Parrainage » sur les résultats scolaires, la connaissance du marché du travail et sur les objectifs de carrière de 2500 élèves de 22 lycées. 


Les établissements ont été inclus dans le programme de manière progressive sur une période de deux ans. Les lycées ont été répartis de façon aléatoire entre groupe test et groupe témoin. La première année de l’expérimentation, les établissements du groupe test bénéficiaient d’une classe test et d’une classe témoin, puis la deuxième année, de deux classes témoin. À l’inverse, les écoles du groupe témoin avaient deux classes témoin la première année et une classe test et une classe témoin, la deuxième année.

Dans les classes test, Actenses a organisé quatre rencontres entre parrains et filleuls durant l’année scolaire. Les parrains étaient libres de communiquer avec leurs filleuls par email ou téléphone le reste du temps, et les binômes pouvaient se voir en dehors des activités organisées par Actenses s’ils le souhaitent.

Les chercheurs ont collecté des données à partir des dossiers administratifs sur les notes, les absences et le comportement des élèves, et ont mené des enquêtes pour mesurer les connaissances générales des élèves sur le monde professionnel (types d’emplois et exigences pour entrer dans les domaines respectifs), la construction et l’évolution du projet professionnel de l’élève, et l’estime de soi

Results and policy lessons

Le programme de parrainage a modifié les ambitions académiques des élèves mais n’a pas eu d’impact sur leur projet professionnel, leurs connaissances du monde de travail ou leur motivation pour le travail scolaire.

Mise en œuvre et participation au programme : Au départ, le programme visait à affecter un mentor à chaque élève des classes du groupe test, mais il a été difficile de recruter suffisamment de mentors. Au cours de la première année, 84 pour cent des élèves des classes test avaient un mentor ; ce chiffre est tombé à 61 pour cent la deuxième année. Les mentors et les élèves se sont vus en moyenne deux fois par an lors des réunions mentor/mentoré.

Les élèves des classes test étaient plus incertains quant à leurs projets après le lycée : Un an après le début du programme, 31 pour cent des élèves des classes test n’avaient pas de projet professionnel défini, contre 27 pour cent dans les classes du groupe témoin.

Le programme de mentorat a modifié les ambitions scolaires des élèves : Dans les classes test, moins d’élèves ont choisi la filière scientifique au lycée et davantage d’élèves se sont orientés vers la filière des sciences sociales. Ils étaient également moins nombreux à prévoir d’obtenir une licence après le lycée (46 pour cent dans les classes test contre 50 pour cent dans les classes du groupe témoin).

Les faibles effets rapportés ici peuvent s’expliquer par la faible intensité de l’intervention évaluée. Tous les élèves n’ont pas été assignés à un mentor et la relation mentor/mentoré a mis du temps à se développer. Un an après le début du programme, seuls 10 pour cent des mentorés ont déclaré avoir discuté de leur avenir professionnel avec leur mentor. Deux ans après l’introduction du programme, ce chiffre s’est élevé à 50 pour cent.

Le recrutement d’un nombre plus important de mentors ainsi que l’allongement du programme pour permettre à la relation mentor/mentoré de davantage se développer sont deux facteurs qui pourraient permettre de renforcer l’impact de programmes de mentorat similaires.

 

Final report = http://www.experimentation.jeunes.gouv.fr/IMG/pdf/Actenses_rapport_jan2013.pdf
1.
Duru-Bellat M., J. -P Jarousse et A. Mingat (1993) \ Les scolarités de la maternelle au lycée. Etapes et processus dans la production des inégalités sociales ? : Sur la scolarisation", Revue française de sociologie 34(1) (s. d.),43-60.