Emergency Savings Accounts for Remittance Receivers in Mexico

Location:
État d’Oaxaca (Mexique)
Sample:
783 clients de la Caja Nacional del Sureste recevant de l’argent de l’étranger, habitant dans quatre régions de l’État d’Oaxaca
Chronologie:
2006 - 2008
Target group:
Adults
Outcome of interest:
Remittances Savings/deposits Take-up of program/social service/healthy behavior
Intervention type:
Commitment devices Savings
AEA RCT registration number:
AEARCTR-0001392
Research papers:

Partners:

Policy issue

En 2000, la proportion de personnes vivant hors de leur pays d’origine atteignait presque 3 % de la population mondiale, soit près de 175 millions d’individus. Parmi ces migrants, nombreux sont ceux qui envoient de l’argent chez eux, formant ainsi des flux financiers internationaux importants mais assez peu étudiés. Actuellement, les bénéficiaires de ces fonds provenant de l’étranger utilisent peu les moyens d’épargne. Pourtant, l’épargne pourrait réduire les effets néfastes de situations imprévues : urgence sanitaire ou précarité économique, par exemple.

Context of the evaluation

Au Mexique, la Caja Nacional del Sureste (CNS), un intermédiaire financier, a constaté qu’elle virait un grand nombre d’envois de fonds provenant de l’étranger à ses clients, mais que seule une infime fraction de ces flux monétaires était épargnée. Au moment où l’étude a été lancée, seules 38 % des personnes recevant de l’argent de l’étranger et constituant l’échantillon avaient un compte épargne à la Caja, et seulement la moitié environ de ces clients avait réellement épargné une partie de l’argent reçu.

Photo: Shutterstock.com

Details of the intervention

Au début du projet, la CNS proposait un compte épargne intitulé « Tu Futuro Seguro » (TFS), soit « Ton futur assuré », destiné aux clients de ses quatre agences qui recevaient de l’argent de l’étranger, afin d’encourager l’épargne au sein de cette population. Le compte était rémunéré à hauteur de 7 % par an, calculé mensuellement et sans restriction pour les retraits ou les dépôts. Il ne comportait pas de frais d’ouverture, mais obligeait le client à signer un accord non contraignant prévoyant qu’il épargnerait une somme d’argent fixée à l’avance à chaque fois qu’il recevrait de l’argent de l’étranger. La somme en question était laissée à l’appréciation du client, toutefois, la CNS proposait des montants de 20, 50 et 100 dollars. Le client pouvait également déposer de l’argent provenant de n’importe quelle autre source de revenus. Comme son nom l’indique, le compte était présenté aux clients comme un compte épargne servant en cas d’urgence, notamment pour pallier d’éventuels chocs économiques ou problèmes de santé à venir. Les clients pouvaient retirer leurs dépôts, mais ils étaient encouragés à ne le faire qu’en cas d’urgence.

L'échantillon était constitué de 783 personnes recevant de l’argent de l’étranger, chaque personne a ensuite été assignée aléatoirement au groupe test ou au groupe témoin. Le personnel de la CNS devait proposer le produit TFS aux clients du groupe test à chaque fois que ces derniers passaient à la banque,et ce, jusqu’à ce qu’ils ouvrent un compte. En revanche, les employés de la CNS n’ont pas proposé le produit TFS aux clients du groupe témoin, se tenant à la procédure de routine.

L’étude s’est utilisée deux sources de données: celles de l'enquête initiale, conduite auprès des clients lors de leur première visite à l’agence, qui comprenait des questions sur la pauvreté, la scolarisation des enfants et l’argent reçu de l’étranger (processus de décision concernant les envois, relation avec l’envoyeur, et niveau d’épargne); ainsi que des données administratives fournies par la CNS, notamment des informations relatives aux comptes telles que le nombre de transactions quotidien, le solde mensuel, des informations démographiques de base, la date d’ouverture du compte, le but de la transaction, le montant des fonds reçus de l’étranger, le niveau d’épargne prévu, etc.

Results and policy lessons

Ouvertures de comptes TFS : sur les 386 personnes du groupe test, seules 101 (26,17 %) ont ouvert un compte épargne. De manière générale, il y avait plus de chances que ces personnes soient des femmes, dotées d’un faible niveau d’études et de langue maternelle locale.

Influence sur l’épargne :le produit TFS n’a pas eu d’effets importants sur l’épargne. Celle-ci a été mesurée par les dépôts, retraits et dépôts nets mensuels.

Les difficultés à démontrer des effets significatifs sur l’épargne peuvent s’expliquer en partie par les difficultés rencontrées lors de la mise en oeuvre du projet. En principe, lorsque les clients allaient à la banque pour retirer les fonds provenant de l’étranger, une partie de l’argent était, par défaut, mise de côté, à moins que le client ne s’y oppose. Cependant, cela ne s’est pas passé de cette façon dans les faits. De plus, l’échantillon total était de taille inférieure à ce qui était prévu initialement, diminuant de fait la précision des données. Pour constituer l’échantillon, l’équipe de recherche s’est adressée aux clients qui venaient à la CNS, or les personnes qui se sont présentées à ce moment là ont été moins nombreuses que prévu.
1.
Ashraf, Nava, Diego Aycinena, Claudia Martinez and Dean Yang. "Remittances and the Problem of Control: A Field Experiment Among Migrants from El Salvador," August 2009.